Le 15 juillet dernier, Vincent Jeanbrun, ministre de la Ville et du Logement, a annoncé une meilleure prise en compte du confort d'été dans le DPE, à la suite d'une interpellation de Daniel Labaronne, député d'Indre-et-Loire, lors des questions au gouvernement. Une nouvelle indication, sous la forme d'une lettre dédiée au confort d'été, doit ainsi être introduite. Cette annonce intervient alors que les vagues de chaleur qui ont touché la France en juin et juillet ont relancé les interrogations sur la capacité du DPE à rendre compte du confort thermique estival des logements. Jusqu'ici considéré comme un angle mort du dispositif, le confort d'été pourrait ainsi prendre une place plus importante dans l'évaluation de la performance des logements. Quelle est l'efficacité de l'indicateur actuel et que peut-on attendre de cette évolution ? Analyse.

Parmi les principales limites identifiées figurait l'indicateur actuel de confort d'été, jugé trop peu opérationnel pour caractériser les logements particulièrement exposés à la chaleur et les intégrer aux critères de décence. La fondation proposait notamment d'intégrer le confort d'été à la définition d'une rénovation performante, de fiabiliser la méthode de calcul de cet indicateur et de rendre son affichage obligatoire dans les annonces immobilières. Elle préconisait également d'intégrer l'atteinte d'un niveau de confort d'été au calendrier des obligations de rénovation énergétique des bailleurs. Pour la fondation, faire évoluer cet indicateur permettrait à la fois de mieux protéger les locataires et d'inciter davantage les propriétaires à engager les travaux nécessaires pour adapter les logements aux épisodes de chaleur.

Un constat également observé à l'échelle locale. En juillet 2026, le bilan du premier semestre sur le confort d'été dans l'Indre, réalisé par France Diagnostics à partir des données de l'ADEME, montre que 53,6 % des 2 772 logements diagnostiqués, soit 1 485 biens, présentent un confort d'été insuffisant. Plus d'un logement sur deux apparaît donc vulnérable face aux fortes chaleurs, tandis qu'à peine un sur sept atteint le niveau « bon ». Le bilan souligne surtout l'absence de corrélation systématique entre performance énergétique et confort estival : parmi les 55 logements classés A, près de la moitié présentent un confort d'été insuffisant et seulement 5,5 % affichent un niveau « bon ». Sur les 158 logements classés A ou B, 49,4 % sont insuffisants et 10,1 % seulement sont jugés bons. À l'inverse, parmi les 584 logements classés C, 40,8 % sont insuffisants et 20,4 % atteignent un bon niveau de confort d'été. Ces derniers correspondent notamment à des logements anciens ayant bénéficié de travaux d'amélioration - masse thermique, volets, ouvertures sur plusieurs façades ou encore isolation renforcée -, illustrant l'importance des caractéristiques constructives et des protections solaires dans la performance estivale.

Devant les députés, le ministre a dévoilé la création d'un « DPE confort d'été » : une nouvelle indication, distincte de l'étiquette énergétique classique, destinée à informer acquéreurs et locataires sur la capacité du logement à résister aux fortes chaleurs. Si son échéance est fixée à quelques mois, de nombreuses zones d'ombre subsistent : ni le contenu précis de cette nouvelle lettre, ni sa méthode de calcul, ni sa date d'entrée en vigueur n'ont pour l'heure été publiés. Une réforme plus structurelle est par ailleurs évoquée à l'horizon 2027-2028, qui viserait cette fois à intégrer directement le confort d'été dans le calcul du DPE.

Le confort d'été bénéficie désormais d'une attention accrue des pouvoirs publics. Aujourd'hui, l'indicateur du DPE reste toutefois trop limité pour rendre compte avec précision de la vulnérabilité réelle des logements face aux fortes chaleurs, y compris parmi les biens énergétiquement performants. L'annonce d'un « DPE confort d'été » ouvre ainsi une nouvelle étape, avec l'objectif de mieux informer acquéreurs et locataires. Son efficacité dépendra néanmoins de la méthode retenue et de la fiabilité des données utilisées.

Pour les professionnels de l'immobilier, l'enjeu sera de suivre les contours de ce nouvel indicateur et ses conséquences sur l'évaluation des biens. Entre l'échéance annoncée dans les prochains mois et la perspective d'une intégration plus complète du confort d'été au DPE à l'horizon 2027-2028, cette évolution pourrait progressivement faire du confort estival un critère à part entière de la performance des logements face au changement climatique.

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